“Elle survit, sans affection, sans revenus, sans soutien éducatif, sans formation et sans perspective d’avenir... sans limites non plus, un pied dans la liberté et l’autre dans la délinquance. Mais avec toute sa force de vie, elle crie son besoin d’être aimée. La particularité de Sonia, c’est de s’apaiser en prenant soin d’animaux auxquels elle s’identifie : chiens maltraités, chats de gouttières, pigeons blessés et chevaux boiteux. Elle préfère leur compagnie à celle des hommes. Elle les recueille, les écoute et les caresse. Elle les apprivoise.”
Après des études à Sciences-Po Lyon et une formation à l’école de journalisme de Strasbourg, Armandine Penna part travailler en free-lance au Maroc. Elle s’intéresse en particulier aux migrants traversant la Méditerranée et obtient en 2005 le Prix Lagardère pour une enquête au Nigeria sur la filière de prostitution vers l’Europe. Sur le terrain, elle s’initie progressivement à la photographie. De retour en France, elle s’installe à Nantes où elle devient journaliste spécialisée sur le secteur social et fait des reportages aussi bien à la plume qu’à l’image. Depuis 2019, elle développe en parallèle des projets photographiques documentaires au long cours. Elle travaille en immersion dans l’univers de personnes vivant près de chez elle, abordant à travers des monographies intimes et poétiques les thématiques de la transition vers l’âge adulte, de la construction identitaire et de la précarité des conditions de vie. L’ensemble de son travail est guidé par sa volonté de visibiliser des personnes exclues de la société. Depuis 2020, elle va plus loin dans cet engagement en tant qu’intervenante de L’œil parlant. Dans une démarche de photographie participative, elle permet à des personnes fragilisées de s’exprimer, reprendre confiance et contribuer à un plaidoyer.